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Là où Nadia Dhoukar frappe juste c’est lorsqu’elle précise que cette nouvelle fixe l’univers de Nestor Burma. Tous les protagonistes se connaissent et nourrissent des relations nourries d’une part, la focalisation sur le personnage de Hélène va permettre d’en poser les caractéristiques une bonne fois d’autre part.

On remarquera également que si la relation avec Covet est amicale et parfois potache, ce qui, lieu commun, force Hélène à intervenir pour les séparer et pour les réprimander (je force un peu le trait), il n’en va pas de même pour Faroux. Oppresser par le pouvoir en place ce dernier se doit de douter. Il est d’ailleurs intéressant de noter combien cette nouvelle prolonge le travail opéré dans le roman précédent. En effet, il y a bien une séparation des appareils policiers. Entre Burma (détective) et la police, ce qui semble évident, mais également entre Burma et ses collègues (il mentionne dans le roman précédent qu’on a fait appel à lui du fait de sa notoriété) ou encore entre les différents fonctionnaires de police (Burma apprécie Faroux mais pas forcément le commissaire Faroux, même si ce statut lui est bien utile) et entre la police et les forces allemandes, forces allemandes elles-mêmes subdivisées en plusieurs sections dont nul ne parvient vraiment à comprendre l’organisation interne.

Cette complexité reflète non seulement un certain état d’esprit chez Faroux, à savoir un reste de défiance et sommes toutes d’agressivité, mais elle influence également notre perception de la justice. Ces éléments ne sont pas nouveau, le jeu du chat et de la souris avec Faroux est lieu comment du roman populaire, mais il prend ici une proportion plus remarquable. Il en va de même concernant l’idée de justice, sans doute parce que cette fois il y a véritablement une belle princesse à sauver et que celle-ci compte pour plusieurs personnes.

A un autre niveau l’aspect tortueux de l’intrigue, ses ramifications difficiles à suivre malgré les mises au point du détective et le peu de page de la nouvelle, rend également bien compte de l’état d’esprit d’une époque où entre le marché noir, les lettres anonymes, les réseaux de résistants, la police française et les forces allemandes il est difficile de savoir si l’interlocuteur est digne de confiance ou non, et ce que recouvre exactement la notion de confiance.

Une nouvelle qui resserre les liens en même temps qu’elle tisse une image juste de la société de l’époque.