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L’intérêt de cette nouvelle est double (enfin on peut en mettre plus si on veut, il reste de la place, sans souci). Tout d’abord le gentil monstre volant qui semble aimer se repaître des jeunes filles et aider dans sa tâche par un groupe de jeunes filles pas tout à fait humaines. Là on voit débarquer nos amies les sirènes et leur cortège d’images mythiques. Si ces éléments convoquent cet imaginaire, la présence d’une femme comme proie inverse la charge, les attributs masculins sont remplacés par l’image de la virginité effarouchée.  Ensuite,  un peu plus tôt dans l’aventure la même jeune fille est prête à s’offrir à Conan pour échapper à son sort d’esclave (on notera au passage les relents racistes de l’époque, mieux vaut se donner à un barbare blanc plutôt qu’à un puissant homme noir). Conan est prêt à accepter ce marché (on s’en doute, la fille est jolie), on peut même penser que c’est la promesse de la récompense qui le motive.

Cette courte nouvelle tourne autour de promesses de corps dénudés et offerts, le climat érotique est omniprésent. Or, là où d’ordinaire on trouve une forme de relâchement de la tension, une satisfaction des pulsions, ici c’est l’inverse.

A l’inversion symbolique correspond le retournement de situation final, Conan décide de ne pas profiter plus avant de la situation car il se comporterait ainsi comme celui qu’il vient de défaire, il n’est donc pas l’un de ces monstres primaires. Une manière plus subtile qu’il y paraît de réfléchir à la position morale de Conan.

Une courte nouvelle, une longue durée en bouche.

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