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conan-le-cimmerien

Le traducteur s’est peut-être laissé un peu aller sur ce titre, non ? Mais bon il met dans l’ambiance.

On pourra noter que la mention des rites de passages civilisationnels mène à un manque d’empathie certain de la part de la dite société « civilisée », la jeune fille en détresse explique qu’elle a été vendu par son père, ce à quoi Conan n’a qu’à répondre que son peuple (de barbares) ne vend pas les enfants. Un échange à la rhétorique simpliste (rappelons que Conan est née sur un champ de bataille) mais qui permet de relativiser les hiérarchies en place.

Nous avons droit ici à un récit d’aventure assez classique, une jeune femme en danger poursuivie par son vil maître, Conan (dont les compagnons viennent d’être décimé par le maître en question, quelle surprise) tombe sur le couple, sauve la fille, tue le méchant et les voilà en fuite, ils tombent sur une île plus mystérieuse qu’il y paraît, un danger rôde. Quelques péripéties plus loin et nous aurons le fin mot de l’histoire. Ce n’est surement pas une nouvelle des plus mythiques, des plus marquantes, de celles que l’on va conseiller pour découvrir l’originalité de Howard. Après, c’est exactement le genre de récit qui fonde le genre, qui l’entérine et qui montre que tous les suivants seront des suiveurs. Pourtant, j’ai aimé ce récit, j’y ai pris un plaisir non pas coupable mais certain. Tout semble naturel dans cette aventure, le rythme imposé par Conan devient le nôtre, les éléments s’enchainent sans faille, jusqu’à cette fin quelque peu déroutante. Il n’y avait pas un mais deux mystères et si l’un sera affronté, l’autre ne sera jamais clairement expliqué, ce qui laisse un planer le doute de belle manière (le faire c’est prendre le risque du beau et donc du casse gueule, ne pas le faire c’est la facilité). Mais surtout, alors que Conan nous avait été montré comme perplexe, démuni face à une pierre énorme lancée depuis un bosquet apparemment vide, nous apprenons à la fin qu’il avait en fait une idée de la provenance de l’objet en question. Un moyen pour Howard de nous leurrer, de se jouer de notre servitude au héros (au rythme de ses actions) et de continuer à être le maître à bord.

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