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conan-le-cimmerien

Première description de femme dénudée (avec seins d’albâtre, nécessairement), une femme à la mesure du héros, une reine de beauté et de charisme, ni plus ni moins. Si l’on se doute que nous croiserons des modèles moins farouches encore un peu plus tard, on doit ici s’attarder sur le fait que la reine en question est un amour pour Conan, même s’il est le « dominant » dans le couple, il suit les désirs de sa belle, il est le bras agissant pour combler ses caprices et semble s’en porter comme un charme. De même, alors que la belle Bêlit paraît prête à succomber aux charmes étincelant d’une montagne de diamants, de devenir un personnage vénal uniquement attiré par le profit, elle saura braver la mort (au sens premier) pour venir sauver son bien aimé. Un portrait suffisamment ambivalent pour créer le trouble et l’interrogation chez le lecteur.

Autre point singulier de cette nouvelle, son début. Conan est poursuivi par des militaires, on lui reproche d’avoir fait un esclandre (et sans doute des morts) dans un tribunal, tout ça parce qu’il n’a pas supporté qu’on le menace d’une peine de prison tant qu’il ne dirait pas où se cachait son camarade. Une attitude de barbare devant la folle morale judiciaire, en somme. Toutefois, lorsque le bateau qui le prend à son bord se fait aborder par des pirates, Conan ameutera l’équipage, défendra sa peau et ne pensera plus jamais au massacre de l’équipage en question. Ces deux exemples, surtout si on les mets en reliefs avec ses positions souveraines du récit précédent, permettent d’ébaucher l’éthique du personnage, de comprendre ses rouages internes.

Un récit palpitant par bien des aspects (on trouvera encore de la cohérence puisque le poison qui sert à son acolyte d’un soir contre les lions de la tour de l’éléphant et qui le paralyse dans la citée écarlate et ici découvert sous sa forme primitive – une plante- ce qui donnera lieu à une séance d’hallucination intéressante) que ce soit en terme de sentiments ou d’aventure.

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