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Retour à Conan roi d’Aquilonie, un retour bienvenu car l’on peut mesurer le chemin parcouru, le monde du barbare, son histoire (des bribes), la culture, les croyances tout cela nous est un peu plus familier. Dès lors, il devient plus facile d’appréhender le personnage, on attend de l’action, de la tension, de la dureté et une forme de force physique et morale hors norme à-même de tenir à bout de bras (et d’épée des aventures titanesques… sisi).

Tout commence sur un champ de bataille, Conan se voit défait par une coalition de traitres menée par un sorcier redoutable (plus tard ses origines nous seront comptées… de quoi frémir), suite à cela il se retrouve emprisonné dans une geôle souterraine. Parviendra-t-il à sortir de cette prison et à rejoindre sa capitale à temps ? Voici tout l’enjeu de cette nouvelle.

On pourrait parler ici d’un récit « cumulatif » tant les situations et les dangers semblent s’enchainer les uns aux autres à un rythme haletant. J’aurais tendance à me lancer dans une lecture un peu rapide, à parler du souterrain après la tour, d’analyser les poncifs, les contrastes et les figures mythiques qui jalonnent ce récit (à mon sens le plus ambitieux jusqu’à présent, en tous les cas que c’est celui qui soulève des intentions et problématiques plus élargie, une bataille où le roi Conan dirige, la survie du peuple dont il a la charge, il s’agit là de sujets un peu plus importants que le vol d’un joyau). Puis, j’ai noté deux choses qui m’ont vraiment marqué. D’une part, Conan reste fidèle à lui-même (il abhorre la civilisation, réagit en barbare) mais il accepte et maîtrise les responsabilités qui vont de paires avec la couronne. Captif, il prend la parole face à ses ennemis pour lui signifier leur cupidité et leur manque de considération envers leur peuple, combien leur système est corrompu et vénal, là où lui parvient à maintenir la paix en son royaume (une notion que l’on pourrait qualifier d’altruisme ou du moins de prise en considération du peuple, qui me semble intéressante). D’autre part, Conan lutte pour survivre, mais il sait que la survie passe avant la lutte, face au serpent géant il reste de marbre préférant ne pas agir plutôt que d’aller à une mort certaine, face à un ennemi visqueux ou invisible il saura prendre la fuite sans demander son reste. Dans un récit précédent il avait su trancher un visage maléfique par instinct sans prendre de risque, ici il fuit sans réfléchir, deux actions que l’on pourrait penser opposer mais qui poursuivent le même but : la survie à tout prix.

Parvenir à faire fuir un héros de cette trempe sans égratigner son aura n’est pas chose facile, cela prouve la capacité qu’avait Howard à invoquer des univers dangereux et à faire naître une tension de tous les instincts.

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