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Allez hop, la jeune fille à une voix singulière, un don à préserver, elle veut s’en séparer, quitter la vallée. Voici un texte qui évoque la perte de l’enfance, la perte de la virginité et qui montre bien que l’endogamie n’a pas nécessairement besoin de partage lorsqu’il s’agit d’émancipation. En prime la vallée évoque le terroir à préserver, voilà c’est une lecture possible.

En lisant ces textes je m’aperçois que j’ai beau laissé du temps entre deux lectures, mon esprit est toujours frappé par la répétition d’éléments, par le tissage (déjà évoqué il y a quelques temps) de cohésion, par le patern que ces éléments évoqué.  Dès lors, à force de voir, j’ai dû me mettre à chercher, et forcément quand on cherche on trouve. La lecture n’est pas encore, dieu merci, une science exacte. Seul souci, j’ai toujours du mal à ne pas avoir honte de mon orgueil, à ne pas sentir le picotement des scrupules lorsqu’en repensant à un texte d’un auteur j’y vois des échos, des reflets d’autres textes du même auteur. La crainte de me transformer en penseur de tout, en critique tout puissant, me guette. Forcément en lisant ce texte, j’ai pensé au terroir, à la défense d’un lieu sans âge, aux mille manies ritualisées, que l’on doit préserver, dont on se demande même si cette activité à elle seule ne justifie pas la moindre parcelle de son existence. J’ai pensé à cela et à cette jeune fille qui cherche à s’enfuir à échapper à un destin, alors qu’on cherche à la préserver pour le « bien commun », à un tiraillement. Et, on s’en doute, ce tiraillement m’a fait virevolter (oui, je suis comme ça lorsqu’il fait beau et que le texte est chouette, je virevolte) entre le quotidien du sujet et son ancrage mythologique. J’étais donc sur le point de vous en remettre une couche (et d’attaquer les finitions dans la foulée) lorsque je me suis dit que ma lecture pour « juste et prometteuse » qu’elle était en avait aussi un sacré coup dans l’aile (du coup, j’ai beaucoup moins virevolté d’un coup). Parce que je suis tout de même pas mal passé à côté de l’épiderme. Ces textes sont à fleur de peau. C’est l’évocation des mains, en exutoire de la voix, et du torse de l’amant allongé dans l’herbe  à l’ombre qui m’a fait me rendre compte de ma sottise. J’avais dû ne pas vouloir trop en faire sur la féminité. C’est un sujet que je maîtrise mal la féminité, d’en parler et j’ai déjà l’impression de signaler une évidence ou de donner la seule explication valable, j’aurais tendance à citer des kilomètres de textes féministes avant d’oser aborder le sujet sereinement. Réflexe de défense tout à fait stupide, parce que l’épiderme dont il est question dans ce recueil (tout du moins jusqu’à maintenant) n’est pas plus féminin que masculin.

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