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Il y a d’abord ce mélange historique qui saute aux yeux, la guerre froide, les prisonniers politiques, l’écrivain de fantasy prof spécialisé en littérature médiévale et féru de religion (clin d’oeil quand tu nous tiens), les références à la vie de Turing (ça sera de toutes façons plus subtile que le film sur sa vie), les avancées scientifiques, le voyage dans le temps ou encore le théorème d’incomplétude, c’est ce maelstrom bouillonnant qui vous emporte, qui vous décolle du sol pour vous interroger.

Si la fantasy doit être une porte d’entrée aux fausses croyances, un pur outil de propagande religieuse doit on cesser de l’apprécier pour ce qu’elle n’est pas (pour ce qu’elle ne veut pas être) ? La science peut-elle se définir elle-même ? Si une intelligence virtuelle voyait le jour serait-on près à lui reconnaître d’autres droits que les lois de la robotique ? Quitte à changer les choses, le temps, le monde à partir de la seconde guerre mondiale devrait-on se fier à la science ?
N’est-ce pas se voiler la face que de croire que l’invention du scientifique ne sera jamais mal utilisée ?(ou alors je n’ai pas compris l’origine des prix Nobel)

En plus de cela, il y a la résurgence du mythe faustien, de celui qui vend son âme au diable. Avec ce moment sublime (entre autres) où l’un des personnages ne peut sacrifier sa foi pour aider (autrement) celle qu’il aime, cette foi qui l’a aidé à supporter la maladie, devient la pire des contraintes.
Intéressant de s’interroger sur ce qui fonde la pensée humaine, alors qu’elle est contenue dans ce paradoxe là.

On pourrait penser que l’aveuglement de la foi prend le pas sur un scientisme positif et bienveillant, toutefois à bien lire la nouvelle on s’aperçoit que la question de l’utilisation de ces inventions (par qui et à quelle fin) n’est pas posée, que le scientifique paraît déconnecté (retranché dans un laboratoire à l’extérieur du monde) de cette problématique (par exemple il se propose d’avoir créée de toutes pièces un riz plus nutritif, que pour savoir quel riz faire il a demandé à des agronomes et à des agriculteurs, tout cela afin de se débarrasser de la chimie… la question de la biodiversité vient de passer à la trappe, la question de la spéculation boursière sur les denrées alimentaires également).
On pourrait croire que la question faustienne, mise en avant avec brio, parce qu’elle pose des questions et cherchent des détails diaboliques, tient le haut du pavé; mais la foi scientifique justement parce qu’elle ne pose pas de question, parce qu’elle sait ses principes bons, est également interrogée.

Une nouvelle brillante à plus d’un titre.

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