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Un peu comme avec « Fidélité » le déroulement est prévisible, à tel point que cela ressemble presque à un exercice de style.
Il est étonnant de noter qu’avec un autre auteur (ou en un autre temps) ce texte serait considérer sous un autre angle, plus sévère ou plus clément, mais qu’avec Egan on attend toujours le moment où l’on va perdre pied, un questionnement supplémentaire qui rendra le texte plus opaque que ce à quoi nous nous attendions, une idée supposée mais non traitée, un questionnement malin, le surgissement d’une théorie, un plus souvent méthodologique ou protocolaire.

On peut déplorer cette absence tout en profitant des qualités indéniables du récit.

On peut également se pencher sur ce futur médicalisé, un futur ou les plus riches peuvent s’offrir (ou s’endetter pour les moins riches) un système immunitaire connecté leur permettant de ne pas être malade (du rhume au cancer) et de parcourir la vie sans se soucier outre mesure des virus ou des microbes.
Alors que l’on pourrait s’attendre à une « charge » sur l’aspect connecté de ce type d’outil, Egan choisit de prendre l’angle du choc international, de montrer combien les progrès de la pharmacologie moderne se prend les pieds dans le tapis d’un libéralisme mordant, combien des zones entières de la planète sont délaissées et dévastées par ces méthodes. Tout cela passe par le biais du changement d’état que subit le personnage principal, de la quiétude béate au sacrifice en passant par le nécessaire cynisme et la compassion.
Il est donc intéressant de noter que pour littéralement déjà lu qu’elles soient ces étapes reposent sur un prédicat réaliste, cela devrait nous inciter à ouvrir plus de livre et à marcher plus pour tendre la main, pour acheter moins et toutes sortes de choses… sinon, tôt ou tard, contre notre grès ou non, les bandits débarquerons.

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