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Chez K Dick cette idée aurait encore du mordant, la paranoïa que laisse entrevoir la possibilité de figer les sentiments que l’on ressent envers une personne continuer de glacer notre échine.
Il est étonnant que cela ne soit pas le cas chez Egan.

Cette nouvelle passe comme une lettre à la po… hum… comme un email… hum… comme un spam plutôt.
C’est bien ficelé, bien écrit, pas trop technique, on glisse nonchalamment dans une anticipation de demain matin en nous demandant si oui ou non cela finira ainsi, pour finalement nous moquer quelque peu des conséquences.

On lit et on passe à autre chose, un brin déçu, on se dit que ce n’est plus pour nous, c’est peut être pour des personnes qui découvrent le genre, que c’est un excellent pont entre la littérature blanche et celle de l’imaginaire, sans doute (bien que ce genre de placo plâtre ne m’intéresse guère).

Puis on se met à réfléchir au réseaux sociaux et au déferlement continue de l’actualité, au commentaire de l’actualité, au commentaire du commentaire, à ce train train que personne ne peut assimiler ou digérer mais qui constitue un magnifique écran de fumée pour vendeur à la sauvette. On pense à toutes ces technologies « utiles » que l’on survend, aux milliards d’application inutiles mais spéculatives (et « créatives » comme on dit « entrepreneur »), on pense à ce monde de rêve dans lequel on ne vit pas et l’on se dit que si la nouvelle n’est pas si formidable que ça elle comprend finalement assez bien Ubik, elle cerne bien (à la manière de la ritournelle dont nous avons déjà parlée) notre acceptation lisse, notre désir de « consommer pour voir », le produit et le mode de consommation dont il est question dans ce récit paraissent plus que jamais à portée de main.
Bien évidemment, tout cela serait évident, si le détail du coût de l’objet et du salaire des personnages n’amenait pas, quasi en catimini, la piste du clivage social inhérent à ce type de comportement.

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