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L’air est connu, le procédé également, le traitement narratif ne s’impose pas par son originalité, sur le fond comme sur la forme il s’agit d’un épisode de la quatrième dimension, d’une de ces nouvelles qui deviennent des figures obligées à force de passer d’un auteur à l’autre (d’ailleurs si je ne dis pas de bêtise il y a des suites de notes qui ne peuvent être déposées ).

On pourrait dire que le récit se lit sans déplaisir, qu’il montre à quel point au-delà de l’aspect hard science Egan connaît ses classiques.

Toutefois, je profite de la place que je me laisse pour pointer du doigt la pertinence du propos (comme la pertinence de certains épisodes de la quatrième dimension ou de pas mal de nouvelles). Dans la nouvelle précédente le héros ne possède pas d’Iwatch parce qu’il ne veut pas s’en servir – et pourtant il n’hésite pas à se servir des nouvelles technologies, dans l’absolu les progrès des mécanismes sociaux nous sont inconnus mais pas des entreprises publicitaires (après tout si la publicité ne fonctionnait pas, si nous étions « plus fort qu’elle » pour quelle obscure raison en recevrions-nous autant sur la tête chaque jour ?), les progrès de l’imagerie cérébrale semble se tourner vers le neuro marketing ou le neurobusiness (une manière de faire croire que la pensée se résume à une méthode), il est intéressant de noter que là où la télévision ou l’état ou les entreprises ont besoin de mobiliser pas mal de ressources pour vendre le sécuritaire, il n’en va pas de même pour la nourriture (pouvoir acheter régulièrement du saumon à n’importe quel coin du pays en toutes saisons, pour ne parler que du saumon devrait réveiller les consciences trop endormies à liker ou non l’actualité publicitaire) ou pour la santé (la revente ou l’utilisation des métas données par des assurances semblent laisser les bras ballants à une grande partie de la population).
Bien évidemment pour permettre le cauchemar la nouvelle porte sur la singularité, en touchant l’individu le malheur touche tout lecteur potentiel, mais elle a aussi le mérite de nous rappeler que nous sommes effectivement ce personnage là, cet Underwood qui contre un cocon de plaisir quotidien (on notera tout de même qu’en aimant this mortal coil ce héros ne peut être que plaisant !) on échange une morale contre l’acceptation et un chèque.

Souvent on considère, à raison, que le polar est un genre moral. Je m’étonne toujours qu’on aille si peu dans le même sens avec la science fiction.

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