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Suite directe de la nouvelle Radieux ce texte reprend le fil des événements 10 ans après que la découverte d’un univers parallèle au notre a donné lieu à une crise de grande ampleur.
Nous y retrouvons les mêmes protagonistes, s’ils sont éloignés dans l’espace ils sont liés par un pacte du secret et doivent désormais s’assurer que la frontière entre les deux mondes reste « étanche ».

Le thème des univers parallèles est un thème riche (parfois trop si on prend en considération les comics) que les littératures de l’imaginaire parvient souvent à exploiter. Toutefois, plutôt que d’emprunter la voie plus usuelle de l’espace ou celle du microscope, Egan opte pour celle des mathématiques. L’angle d’attaque est plus clair que dans la première nouvelle, nous savons désormais où nous mettons les pieds (sur le plan théorique), le temps n’est plus aux essais du début, très vite l’action va se focaliser sur les décisions politiques et géo-stratégique à prendre.
La force du récit est de laisser de côté toutes les instances politiques, militaires ou économiques de notre monde, d’un commun accord les scientifiques au courant choisissent de s’en tenir à leur perception, à leur savoir et à leur morale. Il y a là un pessimisme sous-jacent qui en dit long sur l’état d’esprit des protagonistes.
Difficile en effet de faire confiance à des institutions qui ne parviennent pas à conserver un semblant d’équilibre dans notre monde, alors même que les mêmes institutions dans un univers parallèle au savoir plus avancé se montre belliqueuses. Les enjeux sont mondiaux et en jouant la carte du groupe d’individu Egan prend le risque de tomber dans le travers du prisme hollywoodien de la représentativité, heureusement tel n’est pas le cas et la tension est palpable à chaque étapes de la lutte qui s’amorce entre les deux univers.

Le statu quo tombe vite à partir du moment où l’autre est perçu comme une menace potentielle. C’est bien cette idée de potentialité, dont l’humanité ne semble pouvoir se défaire (du moins pas temps que l’immortalité ne sera pas à portée de main si l’on se réfère à la première nouvelle), qui hante chacune de nos actions, qui fait que nous agissons avec prudence et un couteau caché. En montrant que la science ne peut échapper à cette donnée une fois qu’elle est plongée dans le jeu des causes et des conséquences Egan permet à son récit de nous tenir en haleine et une fois de plus de nous faire percevoir les choses sous un angle original.

Reste la présence de Kate, la femme de plus en plus esseulée d’un des protagonistes, son utilité reste superficielle, elle est là pour rappeler l’humanité, le quotidien (comme l’enfant malade d’Alyson), du groupe de héros malheureusement elle prend à la fois trop et trop peu de place, n’est source ni de conflit véritable (larvé uniquement), ni de remord ou d’ultimatum (ou même de soutient) ce qui fait perdre de la densité au récit. Une tentative « loupée » d’injecter de l’émotion, ou quelque chose d’approchant.

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