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La mise en scène minutieuse du face à face des premières pages est ciselé comme un tableau abstrait, des motifs et des couleurs tranchantes, une opposition de teintes si fortes qu’elle force la rétine et l’esprit à choisir un camp. La lutte des classes est partout dans ce tableau, l’homme fort, le politique cultivé, debout, opposé à ce qu’on suppose être un homme plus faible, petit, assied, méprisant l’aisance financière, une image crédible (loin de l’abstraction) s’il s’agissait d’un affrontement et non d’une tractation.


L’intérêt de la confrontation est qu’elle s’élabore sur un plan politique, avant de rapidement céder la place à un échange « d’homme à homme », à un service demandé relève de la trahison (un thème plus que présent chez Hammett, un thème qui gangrène toutes les relations humaines, à se demander si son héros anonyme ne l’est pas pour éviter cette contamination, pour éviter d’avoir à faire confiance, car même ses relations de travail peuvent être amené à trahir).
Ajouter à cela l’idée de la temporalité, de la rancune, de la malveillance qui guette dans l’ombre (gothique et effroyable) depuis des années, fait que l’on oublie la tempérance, la réflexion nécessaire à toute prise de décision.
Le dernier obstacle c’est le premier pas dans la quiétude de l’esprit, comme si un tel idéal était possible. En tous les cas, pas dans le monde de Hammett.
On notera également la force du discours politique qui sous tend l’ensemble.

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