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L’auteur est parti faire le scénariste pour le cinéma, il y rencontre sa femme, ils auront une relation peu calme (pour ne pas dire tempétueuse) durant des années, on voit bien le caractère autobiographique de cette nouvelle.
Voilà c’est dit, passer votre chemin il n’y a rien à voir.

Ou alors, on ne rentre pas par cette porte, on refuse de se laisser avoir par trop de passéisme et l’on se souvient. On se souvient de Truffaut et de son film sur un film, de Karoo et de son cynisme sur la société du spectacle, on laisse de côté beigbetruc ou le brillant cinéaste de « cinéman » pour se souvenir de la force des « arbres à abattre » de Bernhard, on se souvient des premières saisons de la dérive de Hank Moody, on se souvient de toutes ses critiques (souvent réussis) des milieux interlopes et artistiques, on y ajoute le sel mafieux indispensable (et de toute manière réaliste à l’époque), on se souvient de tout cela.
On y ajoute des personnages en acier trempés.
Si on en a les moyens on se paie le luxe d’écrire avec justesse, précision, ironie et savoir faire (trois répliques, trois répétitions syntaxiques permettent de camper un personnage, une attitude, une société toute entière ! ) sur ce petit ballet auto satisfait.
Et une fait toute cette salutaire réminiscence effectuée, on respire un grand coup, on se dit que cette nouvelle parvient à se hisser à un niveau de lucidité et de qualité littéraire tel que les suiveurs ne font que gratter à sa porte.

Une oeuvre de haute volée, on comprend tout à fait ce qui a séduit ross mcdonald chez Hammett, si le lecteur peut se contenter de lire des histoires d’actions et de porte flingues dans les enquêtes de continental op ou de sam spade, là il touche du doigt une satire réaliste d’un rare pessimisme.

Chose étrange, et glaçante, le héros, disons le personnage principal est plus salutaire que les détectives que nous avons croisés auparavant, pourtant il paraît aussi beaucoup plus irréaliste que ces derniers.

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