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Alors forcément, on s’en doutait, mais on osait l’espérer, l’histoire précédente nous avait laissé sur notre faim, il fallait y mettre un terme définitif. C’est chose faîte !

Il serait intéressant de savoir si Hammett avait cette idée là en tête dès le début, si cela marque son envie de romancier plus que de nouvelliste, s’il avait pensé toute l’intrigue en amont, s’il a vu une opportunité au fur et à mesure de l’écriture…
Bien évidemment on pourrait se lancer dans une analyse, une vraie, un truc en dur soit d’un point de vue historique, mais c’est un truc pour vrai spécialiste, soit un truc à base de morphosyntaxte, mais il faudrait passer par la langue originelle et puis le souci de ce genre de démarche, aussi passionnante soit-elle, c’est qu’elle prend un temps fou et que l’on a moins le temps pour lire.
On se contentera donc de profiter du spectacle.

Loin du feu d’artifice de l’histoire précédente on plonge ici dans une chasse à l’homme, un exercice habituel si ce n’est qu’il est pimenté de l’arrivée d’un truand frère d’une des victimes. Ce personnage permet de faire souffler un vent nouveau dans la San Francisco que l’on connait, un vent de cynisme, de fourberie, de méchanceté avérée (en fait vous compter nous utiliser pour arriver à vos fins, vous ne cherchez pas à venger votre frère mais à empocher la récompense ? tout à fait ! ).
Les dialogues sont percutants, durs, des moments intenses à n’en pas douter. En prime, l’ambiance fleure bon la trahison, le double jeu et la rancœur, de quoi vous régaler.

Toutefois, je conserve comme morceau épique, comme médaille, comme porte bonheur ce moment où le détective révèle être aussi retors que le méchant de l’histoire.
A la manière d’un columbo qui ne cesse de jouer à l’abruti (enfin c’est l’inverse, mais là c’est une comparaison rhétorique on me pardonnera l’entorse) pour coincer ses victimes, notre bon détective semble souvent se faire plus « petit gros » qu’il ne l’est réellement. Là on apprend qu’il se plaît à cacher son esprit vif, sa ruse et son manque de sens moral lorsqu’il s’agit de truande.

Un diptique à lire… juste histoire de pouvoir le relire !

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