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Parfois, à force de lire, on se dit qu’on a rien lu, qu’on ne connait rien, que l’on a déjà du mal à se battre avec sa propre mémoire pour ne pas la laisser sombrer dans la rengaine.
Sans compter qu’il faut aussi se battre avec la foutue culture de masse envahissante et abrutissante (ne rêvons pas, la politique ce n’est pas les images de com’ de tel ou tel président -enfin celui de notre pays et celui des usa, les autres faisant office de figurant saisonnier-, tout comme la littérature n’a rien avoir avec le zigoto de service venant livrer sa came dans le paf, ni la philosophie avec mich… ad nauseum), il faut donc continuer d’écouter Lee Morgan en refusant d’allumer systématiquement une cigarette, en se servant un whisky -on peut le faire, si le whisky est bon, mais l’aspect systématique ne fait pas de vous un amateur éclairé de jazz mais bel et bien un alcoolique-.

Il ne faut pas cesser de se battre avec les clichés, l’un des meilleurs moyens pour cela consiste à jouer avec eux. Quoi de mieux qu’un bureau miteux, un éclairage blafard, un parquet qui grince, un visage à faire fuir le pire des truands, une agilité surprenante et une affaire encore plus louche que ce tableau infernal.
Une chose est sûre : nous sommes loin de l’écriture poétique croisée il y a peu.

Le détective à, pour une fois, un nom, un passé, droit à une (plusieurs) descriptions, on en sait plus que d’ordinaire, plus en tous les cas qu’en moyenne lorsque nous suivons continental op, les protagonistes sont tous malhonnêtes, tandis que l’intrigue est corsée à souhait.

Un peu trop même. Sans aller jusqu’à dire que l’histoire de perd, il manquerait plus qu’elle ne s’écarte pas du droit chemin, elle nous aguiche par trop d’ampleur, trop de tissus vaporeux, trop de faux semblant pour que le témoignage final garde une tension dramatique, il en va de même pour le personnage du détective (plus bourru et plus agréable que d’ordinaire, mais toujours une veine paranoïaque) qui possède d’emblée des éléments pouvant permettre si ce n’est une identification du moins un attachement plus fort pour le lecteur semble ne pas dégager assez de puissance évocatrice ou trop.

Pour le dire autrement, un tel personnage et une telle intrigue, ne peuvent être uniquement dans la dénotation, ils ne peuvent se contenter d’être mise en scène, la connotation qu’ils inspirent est trop forte, elle engendre une attente. Celle-ci étant un peu déçue, la lecture se termine sur une note frustrante.
Rien de dramatique (justement) mais un premier pas vers un autre genre de détective, vers un style plus imagé aussi.

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