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S’il paraît, mais rien n’est moins sûr, qu’il ne faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, il ne faut pas non plus prendre les auteurs de polars pour des idiots finis ou pour des lecteurs de guide d’écriture de romans ou pour des fréquenteurs de club d’écriture en médiathèque (je n’ai rien contre ces derniers, mais j’en connais qui y laissent leur argent, il est difficile de se rendre compte qu’un plaisir est aussi un vice quand il n’y a pas de campagne de prévention gouvernementale).

Hammett était un gars curieux de tout et cela se voit. Les détails de ses histoires son d’importance, ils sont là pour dire les choses et donc le monde, puisque le monde n’est rien d’autres que ce que l’on en fait (les gestes, rien que les gestes toujours les comportements), dès lors leur singularité et leur précision a valeur d’ornement, d’esthétisme, de beauté.
Si l’empressement des actions, leur enchainement amène à ne pas pouvoir s’attarder (c’est voulu) sur ces détails, ils n’en imprègnent pas moins notre imaginaire. Toute la crédibilité de cet univers repose sur une accumulation de détails réalistes.

Ce souci de précision prend plus d’aisance et d’importance, pour le dire simplement cela nous saute aux yeux quand l’auteur nous dépayse.

Avec cette histoire morale, on se croirait dans une légende, du moins une fable, avec sa crise de départ, son apologue tout en tension et sa résolution finale et morale (bon parler d’apologue sans avoir de fin plus philosophique c’est un peu exagéré, mais peut être que le trait satirique final dépasse le cadre du clin d’oeil moralisateur, peut être qu’en plus de rappeler le renard de la fable il permet un regard plus juste sur la société … enfin vous voyez le topo).
Dépayser une histoire, c’est plonger le lecteur dans un exotisme facile, lui montre un climat chaud et humide, des moeurs étrange, une époque de crise, l’arrivée d’un inconnu, des heurts, de l’amour… autant d’éléments communs qui prennent une saveur différente, qui permette la mise en relief et en perspective.
Je vous laisse savourer ce cocktail dynamique et puissant.

Toutefois, il serait bon de percevoir combien le propos de Hammett est précis, juste, non pas dans les paysages, mais dans le choix des mots empruntés au malais, dans la façon de définir une femme à sa manière de s’habiller, dans le choix de l’arbre sur lequel on s’appuie… autant de connaissance, de précision, qui passent, ici, moins inaperçu et qui font le seul et la puissance de ce récit déroutant au premier abord.

On retiendra également le moment clef de l’intrigue, celui durant lequel notre héros se dévoile !!!

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