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Un huis clos paranoïaque bien mené et bien construit, il faudrait en dire plus, il faut toujours en dire plus ça permet, au moins, de couvrir le flot médiatique ambiant. Mais, plutôt que de m’arrêter sur l’oeuvre elle-même j’en profite pour revenir sur la traduction.

Il est connu, si vous ne le savez pas cet article aura au moins une utilité, que certaines traductions des classiques du polar en français fleurent bon le Simonin, le grivois, la gouaille d’un parlé et d’un argot « typiquement » de chez nous. Il est également connu que le marché des nouvelles traductions permet de redécouvrir certains classiques (on pensera sur ce blog à ce bon vieux ross mcdonald) tout en permettant de vendre des livres (avec parfois des techniques, enfin vous voyez). Il existe des cas intéressant, comme le quarto des romans de chandler (je vous en parlerai un de ces jours) qui possède de nouvelles traductions bien plus fidèles à l’original, sauf pour la version de Boris Vian. J’adore Vian, mais il est vrai qu’à lire ce volume (et surtout qu’à pouvoir le comparer aux autres) on lit plus du Vian que du Chandler, vous me direz qu’on lit plus de baudelaire ou de mallarmé que du Poe, sans doute, mais ici la comparaison est plus « présente ».
Bref, tout ça pour dire que lire des polars peut être un casse tête si l’on cherche à profiter du style d’origine (ou tout simplement de l’oeuvre en son entier, puisque bien souvent des romans étaient amputés de leur contenu pour coller aux exigences de l’édition, se pose alors la question du profit et de la découverte, est-ce qu’il fallait poncer l’oeuvre originale sous prétexte de la faire découvrir à tout un public ? Hum, je ne sais pas si Kant lui-même aurait trouvé grand intérêt à cette question, tellement ça fleure bon l’argument à deux ronds, mais bon, passons).
Et tout ça pour dire, je vais y arriver, que cette nouvelle est la première dans laquelle le style est clairement franchouillard.
J’espère que ça ne sera pas le cas pour les suivantes, car là on tombe dans le ridicule, si tout le recueil était de cet acabit : pourquoi pas, l’imaginaire aurait été figé dans sa gangue argotique et nul choc à l’arrivée. Mais là, cela revient à prendre à pleine main un oursin dans un panier de noix, ça fait mal, c’est durable, ça s’accroche et pour un peu on parlerait d’infection.

Il fallait que cela soit dit.

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