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L’un des points forts de Hammett c’est de parvenir à marquer au fer rouge l’imaginaire. Le souci c’est que son empreinte est si forte qu’elle peut être difficilement transposée sans que l’idée de trahison ou de pastiche ne soit présente. On pensera également à un garçon comme Lovecraft, dont très peu de suiveurs sont parvenus à comprendre l’aspect paranoïaque (il ne suffit pas de mettre un chapeau mou, un imper et une belle silhouette dans une ruelle sombre ou un tentacule et un nom compliqué pour être dans les pas des géants).

Cette nouvelle, sur des thèmes déjà abordés par le maître, montre une réelle maîtrise et de l’audace.
De la maîtrise car le récit est court, dense mais en même temps il prend le temps de développer le personnage principal, de lui créer un passé, d’en raviver les pics, de faire monter une pression et une tension grâce à des flash back et des touches psychologiques frappées au coin du bon sens (aïe !). De l’audace, parce que depuis le départ l’auteur n’avait pas poussé son exploration aussi loin autour d’une figure imposée.
Mais outre son indéniable efficacité, ce mélange montre également l’aspect intemporel du style de Hammett. Cette nouvelle nous indice un trafic d’alcool, donc on pense à la prohibition, mais la ruelle, les armes, quelques indices nous mènent à penser qu’une ville du far west serait tout autant appropriée, alors que la construction narrative est plus européenne, plus classique et plus « attendue » peut être (une figure imposée donc).

Une bonne nouvelle, bien plus qu’une belle réalisation

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