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Une scène de tuerie m’avait choqué dans le dernier récit, autant dire qu’à son compte là j’aurais changé mes couches plusieurs fois en lisant cette nouvelle !

Cauchemar ville est bien la ville de tous les cauchemars, elle repose sur le mensonge, la trahison, le meurtre, la manipulation, l’agression, le vol… tout cela presqu’au grand jour, puisque, au sens propre comme au figuré, tout n’est que façade!

Un héros qui revendique ne pas vouloir être un propriétaire, qui est conscient de ses faiblesses (d’ailleurs on remarquera qu’encore une fois cette prise de conscience s’accompagne d’un parallèle avec l’affirmation des mêmes faiblesses par la femme du récit, de là à dire que le procédé est repris il y a pas à ne pas franchir avec trop d’ardeur, car la finalité du processus n’est pas du tout la même, à vous de voir, à vous de lire), de qui cherche l’équilibre (son arme de prédilection semble en être une preuve vivante), de quoi se croire dans un western. Il faut dire que nous ne sommes pas loin des canons du genre. Il manquerait surtout le duel dans la rue principale, si seulement la rue principale avait une existence tangible.

D’ailleurs mêmes les poncifs ont la vie dure, puisque même la jeune terreur du coin cache bien son jeu.

Mais au-delà de ce récit, d’une incroyable dureté qu’il faut souligner et ne pas minimiser, se profile la critique d’une société de croissance rapide et d’arnaque. Si vous voulez réussir des croissants (jeu de mot facile) au-delà de la poolish et du levain, il vous faudra faire preuve de patiente, ici ce n’est pas le cas, le but est de vert table rase au casino, de jouer tapis ou de ne pas jouer. La critique n’est pas celle d’un esprit de conquête, du moins pas uniquement, elle vise l’entièreté des dirigeants. Les corrompus ne sont pas les ouvriers mais les notables, pas quelques notables mais tous !

Tous, et pire encore chacun d’entre eux Il n’y a pas d’esprit de corps, de communautarisme, d’association, de pègre mais uniquement l’appât du gain.

Si le fantastique semble parfois effleurer dans la récit (un shérif géant, la description des combats à la canne, les coïncidences des rencontres etc) c’est pour mieux faire ressortir l’ambiance abjecte de la ville et son réalisme qui vous colle aux neurones et qui ne vous lâche plus une fois la lecture terminée.
Si déjà, à cette époque, Hammett parvenait à être aussi juste et cynique, je vous laisse imaginer…

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