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Après les longueurs passées difficile de vous refaire le coup de la « nouvelle qui change le monde ». Toutefois ce qui est rassurant, si je puis dire, c’est que l’auteur a beau avoir atteint un niveau d’excellence, il a encore des choses à dire.

Cette fois-ci l ‘enquête est plus personnelle : un collègue est mort, une histoire de vengeance. Rien n’est moins sûr car ce que l’on retiendra de l’histoire c’est le moment de déduction du héros à qui nul ne la fait, qui reste aux aguets, qui veille aux grains, qui… vous m’aurez compris.

Cette fois encore il interpelle directement le lecteur pour lui faire part de ses méthodes, cette fois encore il use de pseudonyme, cette fois encore l’explication finale procède du pragmatisme et non du fantaisiste (entendre par là que les motivations criminelles sont basses et veules, il n’y a rien de farfelue ou d’impossible dans le mobile ou dans son exécution, la difficulté provient de l’oeil du lecteur).

Hammett livre un récit ciselé, précis et dérangeant.
On perçoit que l’humour des débuts, parfois satirique laisse la place à une cynisme désabusé, non pas un manque de recul mais au fait de ne plus prendre le temps de commenter les aberrations du monde.

Une phrase marquant « puis il cessa et le vieux repris », or le pronom devrait logiquement désigné le vieux en question, mais il renvoie ici soit au bruit, produit par le crayon du vieux, soit au crayon lui-même. Une telle personnalisation surprend, elle entrouvre un décalage entre le réel et le perçu, entre le perçu et le dit.
Un effet de la traduction, peut être ou peut être pas.

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