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La même trame, la même astuce criminelle, le même motif, la même montée dramatique ont dû être utilisés tellement de fois à la télévision que l’original de cette nouvelle doit être fatigué de tant de pillage. Rien de neuf ici. Rien de neuf, si ce n’est la poésie.
Les motivations des méchants de service, la jeune , jolie et fatale femme de passage, la scène de presque noyage tout ces éléments, et d’autres, montrent une maîtrise exemplaire du rythme ; mais c’est sans doute la volonté d’abandonner l’évidence qui saute aux yeux.


Alors que jusqu’à maintenant les enquêteurs de l’agent de la continental se bornées à proposer une suite d’entretiens et de déductions, elles résonnent pour la première fois avec le choc du métal creux. Cette impasse est provoquée par un « trop plein » d’indices, une surabondance de pistes, autant de tentations pour le héros – et son coéquipier flic pour cette aventure- autant de temps à perdre. Ainsi le « dixième indice » n’est pas l’indice éclairant, ce n’est pas le phare dans la nuit criminelle, c’est celui qui fait dire que la coupe est pleine et qu’il est temps d’envisager les choses sous un autre angle.
Cet abandon, ce retours à la source est bien l’abandon du romanesque, l’abandon du plaisir de « trouver l’assassin » pour se concentrer sur le coupable. C’est surtout le moyen de ne pas perdre de temps et d’avoir quelque chose à faire. Il y a dans ces pages une urgence, un empressement qui nous contamine, qui défie le littéraire et qui tord le réel pour proposer de la poésie. Car ce qui ancre le lecteur à ce qu’il lit c’est ce refus de l’évidence, ce refus de l’indice.
Refus obstiné que les scénaristes trop souvent oublient.
Dans l’œuvre d’un auteur fondateur chacun y va souvent, de bon droit, de ses préférences, je ne sais si je saurais dresser une telle liste à la fin de l’ouvrage, mais en l’état ce somptueux récit y figurerait en très bonne place.

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