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Bref retour au far west, mais cette fois ci dans un climat plus urbain dirons-nous, du moins plus socialisé puisqu’il est question de loi, de justice et de juge.
L’avant-garde que l’on veut percevoir chez Hammett est une avant-garde stylistique, une manière d’objectiver le récit, de rendre compte du réel pour ce qui l’est avec recul et froideur. Du moins c’est comme cela qu’on le présente. Personnellement à lire ses nouvelles, je profite de ce style pointu et juste (même à travers la traduction on sent cette volonté de frapper juste, il n’y a pas de construction argotique grossière pour donner un genre, ni de remplissage de cahier des charges à coup de personnages extravagants ou de situations impossibles, mais la mise en forme perfectionniste d’un récit ciselé, un récit parfois politique, souvent social, toujours juste), mais également de l’humour noir qui peut ressortir de ce type de situation.


Encore une fois cette nouvelle est typique de cette prise de conscience amer de la part d’un personnage. Se laisser berner par l’effet « caméra » de l’auteur, c’est se poser comme lecteur sans cervelle, du moins c’est croire que les personnages sont sans motivation, sans émotion, volonté ou affect, c’est se croire supérieur à eux. Ici, on voit bien que ce n’est pas la volonté de l’auteur, il campe un duo de moche et méchant mais pas dénué de jugeote. Leur plan fonctionne à merveille en se reposant sur les préjugés et la peur des citoyens, un plan retors, malin, un brin pervers, une manière de savoir prendre des risques.
A ce jeu la justice devra se montrer plus perverse encore et, se faisant, moins légale qu’elle ne le devrait.
Difficile de lire ce récit et de continuer à croire au mantra «des faits ». Hammett propose un divertissement et non une trame romanesque, pourtant se divertissement là s’agrippe si fortement au tissu du réel que l’on si blesse parfois et qu’à s’y attacher on creuse un monde glauque et fatal.

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