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Deux superbes créatures, un mari insolent et volage, un coup de feu dans la nuit, un détective que l’on appelle pour rien et un vieil homme malade en guise de cible… de quoi laisser le mystère… s’amincir.
La force de ce type de récit vient moins de l’intrigue (fine comme une feuille de papier à rouler) que d’un traitement sans concession. L’auteur ne prend pas le temps de décrire, de poser un décor complexe ou encore de laisser supposer le lecteur, il affirme, pose, défini, impose, on suit sur un rythme rapide les aléas tristes et banals d’une situation sans issue, presque monotone à force de ne rien proposer d’autres que les faiblesses humaines.
Pourtant cette situation, ne permet pas que de faire le portrait macabre d’une bourgeoisie (si l’on peut dire) sur d’elle et irrévérencieuse (le personnage du mari est un bijou dans le genre), elle offre aussi au lecteur une des clefs de fabrication de l’auteur.
Le détective parle à la première personne, on sait qu’il raconte l’histoire après coup, il décrit rapidement les lieux et les personnages, ne s’embarrasse pas de considérations psychologiques complexes et préfère toujours se focaliser sur les faits et les gestes, sur ce qui motive les comportements. Si ce n’est qu’à la fin de l’histoire il propose d’expliquer ses soupçons. Ainsi, l’air de rien , l’échange entre vérité et soupçon montre bien que le lecteur a été laissé sur la touche. Le narrateur a beau jouer de son statut d’enquêteur sur un ton brutal et sec, il n’en cache pas moins ses réflexions.
Le brio de Hammett n’est pas de proposer une énigme cérébrale au lecteur, sans toutefois lui faciliter le travail. Un jeu d’équilibre qui fait merveille dans cette nouvelle.

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