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Une nouvelle variation sur cette histoire d’habit et de moine, toutefois nous avons droit à une version plus sombre, plus sarcastique aussi.
Outre des éléments purement factuels, et non dénués d’intérêt, ce qui m’a frappé c’est la place que prennent les journaux dans cette histoire. Il est intéressant de noter que tout démarre suite à un « bon mot » d’un journaliste. Se sentant mal caractérisé un voleur a la petite semaine finit par vouloir entrer dans le rôle sur-mesure qu’on lui a construit. Sans aller jusqu’à se poser des questions sur le pouvoir de suggestions des médias et à son amplification, il est intéressant de remarquer combien la proposition d’Hammett ne paraît pas datée. Intéressant (c’est le mot du jour) également la manière dont la prise de conscience et la métamorphose s’opère autour du roman, comment des lectures, des ouvrages, pourtant jugés comme « loin de la réalité » parviennent à influencer l’esprit du héros à en faire autre chose.
Bien évidemment, on le sait, cela va mal finir car à trop vouloir ressembler à ce que les autres voudraient que nous soyons, on termine épinglé sur le mur des clichés. Reste, au-delà de la fable, une dernière touche humoristique, un pied de nez, un défi lancé par la littérature incarné au flic obtus qu’elle côtoie.
Une manière de remarquer que si le roman imprègne la perception d’un homme, la réalité, elle, n’en a cure (et c’est bien dommage).

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