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A force d’écrire autour d’un héros anonyme, de ne nous livrer que quelques détails ici et là (il se fait traiter de « petit gros » par un des méchants de l’histoire, alors même qu’il est venu à bout d’un homme de main plutôt coriace, sachant qu’il n’est plus tout jeune non plus on s’en fait une image toute personnelle… à croire que c’est le but recherché), Hammett creuse le sillon des acolytes. On prendra en exemple le jeu de mot sur « Mac » dès la première page, ainsi que l’utilisation des collègues en fonction de leurs qualités respectives. On pourrait croire que se développe une sorte d’agence comprenant des membres récurent, comme il n’en est rien, c’est la mise en exergue de la solitude qui domine. Une solitude que rien ne vient troubler d’autre que le travail, un travail qui n’a rien de grisant, il s’agit de suivre les pistes, d’interroger des victimes, des témoins, de ne croire personne, de mettre en place des filatures, de faire fi des interdictions, d’éplucher des comptes.

Cette nouvelle ne parle pas d’enquête, d’intrigue, de ruelle sombre et d’ombre molle et trouble mais bien de besogne.

Le monde d’Hammett est un monde tâcherons, de besogneux, on ne dort pas pour arrêter les coupables ( un point que ross mcdonald saura conserver, au milieu de plein d’autres), on ne boit pas encore (trop), on ne prend pas le temps d’en avoir, enquêter est un travail. De fait le respect qui se mérite est un respect de crasse, de suie et de sueur.

Il est question de chantage, de corruption des âmes par l’argent et le pouvoir, il est question d’astuce, de doigts et de meurtre.

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