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L’auteur s’en prend ici à la vérité. Si le post mortem l’avait déjà intrigué quelques temps auparavant, il empoigne la mort de plus belle pour en faire le moment de la révélation finale. La tension dramatique se noue autour de la question de la perte, ou non, de l’être cher ; alors même que ce qui va en découler c’est une autre vérité.
La vérité révélée n’a pourtant rien de mystique. Au contraire, elle s’arc boute autour du cru et du trivial, la mort clos une vie autant qu’elle met à bas une certitude. L’effet de style est maîtrisé, il y a création d’un effet, d’un suspens, pour ménager une fin plus terrible que ce que l’on pouvait imaginer. Si lire c’est savoir, on reste cantonné à un point de vue donné, à un subjectivité et non à un ensemble. Il y a dans la révélation finale, une manière de dire les limites des personnages mais aussi du lecteur, de montrer à quel point le monde ne se donne pas à voir ou à vivre comme un moment dramatique, comme une horreur que l’on pourrait prévoir, à laquelle on pourrait s’accoutumer mais bien comme un tiroir à double fond, comme un constant effet de manche du destin pour nous faire plonger dans l’inattendue.


Le retournement de dernier moment ne résout rien, il y a, contrairement au dada des romans à énigmes, bien une « fin » une salvation de la frustration, mais rien ne revient au calme de départ.
Le réflexe réactionnaire qui voit le mal, le truand, le criminel comme celui qui vient déranger l’ordre public, comme le barbare dérangeant la cité et qui une fois appréhendé ou mis hors d’état de nuire permettra aux citoyens de reprendre leurs activités, n’a pas de place ici.
Il n’est pas question de justice, de rédemption, de tranquillité, il n’est pas question de secret de famille dramatique mais bien de cachotteries et de bassesse.
Le monde que dépeint Hammett commence, comme le jazz zappaïen, à sentir le pourri.

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