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Il y a dans cette quête, dans cette aventure -absurde encore une fois, mais avec un peu plus de recul – dans cet exotisme de pacotille quelque chose de Tantale.
Un but à attendre, l’abandon des siens, le dépouillement de soit, le but à portée de main, le tout sur une rivière en mouvement et bouclé par une décision à prendre.
Tout arrêté se satisfaire d’une fin bancale ou agir, refuser la médiocrité en sachant que tout sera à recommencer.
Il y a dans ce choix une saine humanité, autant qu’une noirceur insondable (à ce titre la jungle qui entoure et qu’il faudra pénétrer prend une place indéniable).
Ce qui reste troublant c’est le choix de placer l’action à l’étranger, de la déconnecter de sa causalité, il y a l’idée de l’arbre qui ne fait pas de bruit si personne ne l’entend, l’idée que celle reste le sens moral. En plaçant le dénouement loin dans le temps et dans l’espace par rapport à son point de départ, Hammett insiste sur la portée morale de la décision à prendre, mais cela met également le lecteur à distance.
On assiste plus à la scène comme à une figure imposée que comme à un récit dense et dur.

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