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widgetRien que le titre déjà. Une manière de faire dans le vaudeville et le sordide, ça doit être comme ça que les anglos-saxons font pour tuer deux oiseaux avec une seule pierre. Rien que le titre pour sentir à quel point on prend un risque. Un récit descriptif, une histoire, encore une fois, banale de couple qui se lève, de personnalités autonomes qui ne se regardent plus, ne se désirent plus, dont la seule pensée envers l’autre revient à se demander « comment l’éviter ? ».
Il y a dans les rituels du barbier quelque chose de mécanique, si la société – déjà à l’époque- vous demande de vous conformer, de suivre un processus, un fonctionnement, il n’est pas besoin de le faire avec tant de zèle. Il y a quelque chose de malsain, de déshumanisé dans ce « portrait type ». Hammett a eu l’instinct de le traiter comme une liste de course, comme un paysage robotique (même si le terme est plus qu’inapproprié à l’époque) informel. L’homme se lève, fait ses ablutions, ses exercices, prend un bain froid revigorant etc suite de gestes identiques et publicitaire.


Alors que l’homme est parfait, qu’il ne pourrait pas être meilleur, il fait peur. On se prend immédiatement de sympathie pour sa compagne, obligée qu’elle est de devoir subir un homme qui fume sans avaler la fumée, qui se donne un genre sans prendre de risque.
Et puis, il y a ce moment fort, cet instant par excellence où la machine, la perfection rencontre son rival et où se dernier ne comprend pas – ou trop tard, ce qui revient au même- ce qui lui arrive.
Cette scène permet de dégager du sens à l’histoire, d’en faire autre chose qu’une étude de cas de créer un décalage quasi-comique inattendue, une surprise qui est justement le point d’accroche, la faille, l’humanité qui attirera la femme.

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