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widgetLe début pourrait tout aussi bien indiquer la fin du parcours. Tout est dit, inscrit dans la pierre serait plus juste, à travers ce récit d’une demi-page, tout Hammett en quelques dizaines de mots, que demander de plus ?
On parle souvent de maîtrise lorsqu’on parle de style, ou alors de maturité ça dépend en quel époque vous vous trouvez, la problématique de cette vision c’est qu’elle réclame tout autant de maîtrise de la part du lecteur ( et de l’humilité dans les deux cas) de fait elle est souvent remplacée par du pipeautage en règle.

S’il n’y a pas encore la qualité stylistique dont saura faire preuve l’auteur au fur et à mesure de ses écrits, il y a cette volonté (noire) de concision, de rompre avec une littérature du suspens, de s’engouffrer dans les points de suspension, de casser le temps de récit pour y faire pénétrer une réalité sordide et crue.
Une demi -page pour rendre compte de la noirceur d’une vie, du poids du destin social, de l’impossibilité de « faire avec », de l’implacabilité de carcans qui oppressent l’individu, sans chichi, sans prise de pincettes, sans considération pour le lecteur, sans misérabilisme pour ses personnages. Une demi-page de concentré d’horreur.
Bien évidemment, rien de cette histoire n’a vieillie, bien évidemment ce réalisme là n’est pas balzacien, bien évidemment ce réalisme là est balzacien (le jeux des comparaisons finit toujours par une volonté de définition exhaustive de ce qu’est la littérature et comme rien ne tient tout à fait dans les cases ça se termine en ce que devrait être la littérature et à partir de là… il est temps de fuir).
Alors, il est question de « gens de peu », d’une approche minimaliste, populaire… il ne faudrait pas pour autant négliger la référence du titre, pas si « populaire » que ça (du moins, cela revient à prendre le peuple pour une masse de personnes intelligentes et curieuses, pas certains que cette vision soit encore en vogue de nos jours chez les faiseurs d’arts).

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