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Peut être, à ce jour, est-ce la nouvelle d’Egan que j’apprécie le moins ? Peut être m’en délecterais-je à rebours ? Toujours est-il qu’elle m’a paru insipide. Pas dénuée de suspenses car on y retrouver des éléments forts et un thème intéressant. L’enquête autour d’un objet religieux, permet à Egan de construire une ambiance « polar » assez réussie, on passe de déduction logique en découverte scientifique avec fluidité et plaisir, avec un récit bien mené difficile d’en demander plus.

Pourtant, pourtant, l’aspect mystique de l’intrigue ne nous échappe pas, le titre est là pour nous guider – tellement que cela jette très vite une distance entre les questions que se posent le personnage principal et ce que l’on devine aisément et rapidement – et, il faut bien le dire, peu de mystère. Alors que le fond (si l’on puis dire) du problème relève du mystique et de l’occulte, la trame joue sur une partition plus classique, laissant venir à elle les péripéties sans prendre le temps de descriptions externes (on pourrait penser à des lieux exigües, des façades morbides, des rencontres terrifiantes ) ou internes (les états d’âmes du personnage sont tout entier tournés vers la réussite de sa mission, une position d’espion utile intéressante y’a pas à dire mais qui ici tranche avec l’ambiance que la dite mission semble réclamée).
Ainsi, cet aspect occulte, qui pourtant donne la tonalité finale du récit, n’apparait qu’à la toute fin, un peu au forceps, car si nous nous doutions de cette tournure elle n’en reste pas moins peu attrayante.

Les réflexions d’Egan autour de la religion, de la naissance de nouveaux cultes du fait de nouveaux tourments, d’une idolâtrie qui s’adapte aux croyances du moment, ne sont pas en reste dans cette nouvelle, toutefois on pourra reprocher au récit son manque d’équilibre ou un certain manque de poésie. La mention d’une idole n’étant pas, en soit, suffisante à faire naître en moi des horizons de peur, d’angoisse ou même de réflexion. Reste un plaisir certain à suivre cette enquête, en début de volume, comme première amorce aux autres écrits dans la même veine cela aurait peut être eu plus d’impact ?

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