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Arrive un moment où vous ne rigolez plus, après le visionnage du énième épisode vous montrant un évangéliste américan et de ses serpents (les pauvres), après la énième apposition des mains, vous ne rigolez plus parce que vous savez, vous finissez par croire et c’est peut être ça le pire ce galvaudage de la croyance, à la réalité du phénomène.

Alors bien évidemment on vous a mis en garde, des parents, des amis, des proches, des professeurs pas encore tous goudronnés, quelques uns vous auront dit que l’homme a besoin de croire, à besoin de croire qu’il doit croire en l’espoir. Mais à force de voir des guerres, meurtres, rituels, constructions commis au nom de religions ou croyances diverses, à force d’écouter, lire, voir, gesticuler, moraliser Onfray sur la laïcité à travers tous les médias possibles, à force on lâche l’affaire des croyances, on garde l’esprit ouvert, on comprend la notion de foi, on échafaude son petit respect personnel (ou sa petite religion particulière comme disait le poète) on oubli tout ça.

Malheureusement tout n’est pas si simple, de même qu’on ne peut empêcher les scénaristes de piocher dans la symbolique et le mysticisme pour les réduire en pâtée pour consommateur fatigués, il est difficile d’interdire à notre esprit de vagabonder, de voir plus loin, de s’interroger. Cette nouvelle, vient à point nommer nous passer sur le grill de notre fainéantise spirituelle quotidienne.

La science à beau faire de son mieux il y a longtemps qu’elle est tiraillée par des préoccupations qui la dépasse. La science n’aurait sans doute rien à faire avec les utopies alchimiques et pourtant voilà que si l’on observe les désirs et les croyances des patrons de google et de quelques autres grands groupes – qui ont les moyens de « faire avancer la science » – on peut remarquer qu’en plus de faire passer la santé pour la médecine, qu’en plus de vouloir nous faire quantifier nos propres corps, constamment, à l’aide de bracelet électronique dernier cri, ils ont des volontés d’immortalité, de contrôle.
Lorsqu’il est question de pouvoir, même la science met genoux à terre.

Le constat, glacial, de cette nouvelle devrait sonner comme une alerte car elle montre, encore une fois, à croire que c’est mon obsession de lecteur pour ce recueil, comment l’individu, le couple, la famille subit de plein fouet une incompréhension face à un désir adolescent de compréhension palpable du monde et des croyances et de l’autre comment la scientifique (beaucoup d’héroïne dans ce recueil) toute emprunte de protocoles et de réflexions ne voit pas venir comment sa réalité (pourtant plus vraie) a été distordue pour devenir autre chose, pour nourrir l’espoir.

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