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L’alcool est mauvais pour la santé, très mauvais. L’idée que seul « l’abus » du produit puisse nuire est une erreur, car il faudrait pouvoir s’entendre sur la définition même d’abus. Au-delà du caractère subjectif, propre à chaque organisme, de cette notion, il faudrait encore pouvoir décrire et délimiter les mauvais de l’alcool à court, moyen et long terme.

Cette phrase, ce slogan, de santé publique me rappelle celui nous invitant à dévorer goulument cinq fruits et légumes par jour, jeme suis toujours demandé si cinq grains de raisons étaient équivalents à cinq pastèques ?

Ce genre de parallèle à l’air idiot, il l’est sûrement, mais il n’a pour but que de ramener la question de l’alcool dans son fief original à savoir la consommation. En France, peut être bien plus que n’importe où dans le monde – à part dans les séries télévisées américaines où apparemment un verre de vin équivaut à un demi-litre- on apprécie le vin, c’est une culture, cela semble bel et bien inscrit dans nos gènes et dans notre comportement. Il aura fallut beaucoup d’efforts à divers gouvernement pour faire diminuer la consommation journalière des français, si désormais on aime bien le vin, autant dire qu’avant nous n’aimions pas du tout l’eau.

J’ai un rapport au vin particulier, je ne cours pas après, car je me sens incapable de discerner des arômes ou senteurs particulières, je me sens toujours floué lorsque j’achète une bouteille – soit parce que je n’ai pas le niveau suffisant pour profiter d’un grand cru, soit parce que je me suis fait avoir d’une manière ou d’une autre par la mention d’un nom, d’une médaille, d’un prix, d’une appellation, d’une année- en dépit du plaisir gustatif que je peux ressentir après ouverture.

Des guides, il en existe suffisamment dans le pays pour se constituer une bibliothèque uniquement sur ce type d’ouvrage, des avis sur le vin, c’est pire encore, on en trouve trop ou pas assez. Il est affolant de se rendre compte à quel point tout le monde est conscient de la complexité du produit et comme tout le monde semble s’en moquer lorsqu’il s’agit d’émettre un avis, fut-il futile il est toujours définitif. On atteint là des sommets, presque aussi effarants qu’avec le football. Dieu nous garde, s’il n’a rien de mieux à faire.

Puis si l’on cherche à en savoir un peu plus que le premier loto des odeurs venu, on se retrouve dans des considérations complexes : terroir, appellation, prix, millésime, terre, viticulture, macération, degré d’ensoleillement… autant de procédés ou de fumisteries à prendre en compte.

Pour un peu on en retournerait à la diatribe de Renaud sur le sujet –dans Hexagone, puisque je parle ici d’avant la…bref nous nous sommes compris- autant laisser faire, retourner au thé et au whisky avec  une bonne bière les soirs de matchs –de rugby, nous parlons sport ici par catalogue publicitaire-.

Et puis de fausses promesses en mauvaises bouteilles, vous finissez par tomber sur un bon caviste, il vend d’autres alcools par plaisir (et y place une marge confortable car il n’a pas oublié d’être commerçant) vous y cherchez une bouteille de whisky tourbé un peu rare, elle n’y est pas, vous parlez fruit, il vous répond « beaujolais », difficile de vous retenir de lui rire au nez. Avec sa banane, son cassis, ses adjuvants, ses publicités, impossible de couper court au « beaujolais nouveau » et à ses idioties.Votre esquisse de sourire ironique lui suffit, il se marre sous cape et vous parle d’un petit producteur bio de beaujolais et de gamay.

Les travers de porc au caramel étant de qu’ils sont, pourquoi ne pas essayer. Miracle des papilles, la sauce sucré-salé n’entame en rien le fruit, bien au contraire, c’est extatique, pour ne pas dire divin. C’est ventre à tard et front bas que vous retournez faire votre mea culpa chez le gentil marchand. Il vous tapote gentiment sur l’épaule, ne ricane pas de vos certitudes et de vos idioties, vous félicite de votre courage et vous conseil de potasser le bouquin dont cette chronique devrait commencer à parler.

Ophélie Neiman, miss glouglou pour les intimes amateurs de blog de qualité, fait ici un véritable travail de défrichage. Tout ce qu’elle dit existe ça et là, on ne peut pas dire qu’elle construise énormément ou que son livre brille par l’originalité de son contenu.

Toutefois, au contraire de bons nombres d’ouvrages sur le vin (ou autre) proposons à des « nuls » d’en découvrir plus ou de se demander ce qu’ils savent à la première personne, il ne s’agit pas ici d’un ouvrage de commande. Plutôt d’une somme d’erreurs, c’est-à-dire d’expérience, la somme d’un apprentissage. L’auteur semble répondre à ses propres questions, à ses propres errances, ce qui, en plus de l’humour et des boutades fort sympathiques, donne à l’ensemble une cohérence et une intelligence rare.

Bien sûr, dans ce domaine, cet ouvrage est déjà un best seller, bien sûr toutes les critiques sont dithyrambiques –et elles ont raison- mais il me paraissait utile –pouf pouf- de souligner ici à quel point pour une fois l’auteur ne donne pas dans l’hypocrisie lorsqu’il dit écrire un livre qu’il aurait aimer lire ou posséder, car déjà elle ne le dit pas – ce qui est la meilleure des excuses nous en conviendrons- mais surtout parce qu’à suivre son blog depuis le début on s’aperçoit de la candeur  puis de la précision de sa démarche. Ensuite parce que l’ouvrage distille – hips- une vision saine du vin. Il ne s’agit pas de faire l’apologie de la picole sous de fallacieux prétextes pseudo-scientifiques, bien au contraire, il s’agit de dégustations, de connaissances, d’écoute, de respect et pas d’ivrognerie – pour cela il vous restera toujours les mauvaises fêtes d’anniversaires familiaux à base de boites en carton cubiques, les festivités estudiantines idiotes avec de la viande saoule au menu.

Miss glouglou célèbre ici le vin est non l’ivresse, loin des poncifs, loin des esprits guindés, dans la convivialité, la rigolade, la pratique et la sympathie.

Il est temps de retourner chez votre caviste !

Ou sur le blog de Miss Gloulou

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