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axiomatique

 

          Un amour approprié : le poète proposait au lecteur d’attendre que le temps fasse son office, qu’il le vide, autant jeter l’espoir aux ordures, autant se défaire de toutes illusions.  Ou alors on peut se rendre compte que nous n’existons pas. Si l’amour, l’amitié, les promesses et les paris ne sont que vagues espoirs de l’éternité de notre personnalité et de notre conscience, que dire des journées qui se succèdent ? Chose étrange que notre capacité à remodeler sous forme linéaire le saucissonnage de notre vécu, le moment où le réveil sonne on récupère les données de la veille comme s’il s’agissait de celles d’une réalité unique et mécanique, comme si nous étions toujours la même personne, comme si nous étions un tout unique pour qui chaque nouveauté venait subsumer les précédents les incorporant de facto dans une homogénéité bienpensante. A ce compte là, l’amour, porter l’autre en soi, l’avoir dans la peau serait l’idéal, la preuve ultime de notre continuité, la fidélité de l’autre comme preuve tangible de notre stabilité existentielle. Et puis, la science permet l’impossible, les polices d’assurances se moquent du monde, les militants politiques ont de quoi faire, l’incroyable s’incarne… les temps changent… nous aussi, qu’on le veuille ou non.

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