Mots-clefs

,

axiomatique

 

          En apprenant à être moi : Il me semble que c’est Nietzsche qui proposer à l’être de devenir ce qu’il est, ou quelque chose d’approchant. Non pas que cela ne fasse pas écho chez moi, mais j’ai toujours eu un mal fou à distinguer la rébellion novatrice de cette sentence de celle de la notion de puissance d’être que l’on trouve chez Aristote. Reste que ces idées de potentialités ont le merveilleux point commun de faire vendre des dizaines de milliers de volumes à autant de manuel d’optimisation de soit, et de faire gagner des milliers d’euros à des scénaristes vantant les mérites de la « destinée unique ».

    Lire cette nouvelle m’a fait penser à un moment de télé souvent répété, trop rarement remarqué, celui où l’on demande à la personne que l’on aide, soutient, pour qui l’on récolte des dons, d’avoir un rêve, une passion, une destiné. Comme si être ne suffisait pas et qu’il fallait être méritoire jusque dans sa volonté de vivre, qu’il fallait « valoir plus ».  Or, ce qu’il y a de merveilleux dans ce récit c’est qu’elle épouse ce « point de vu » sans jamais sans targuer, elle expose des faits sans avoir à construire de discours. Du moins tout le projet est justement de construire une parole autour du moi, de lui donner un sens, de le tordre afin d’en extraire une  hypothétique justification, pour, au final, faire sauter les charges explosives de l’erreur. Bien souvent l’erreur est assimilée à la faute, à la moralité, lors même qu’il s’agit d’errance, de combler le vide de l’ennui.  Jamais peut être un écrit aussi dense aura su sonder avec autant d’acuité qu’effectivement : l’humain est erreur.

Publicités