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axiomatique

 

          Eugène : la question de l’eugénisme est au cœur de débat sur la déontologie, en tous les cas en France en 1994 et 2004 ou encore en Angleterre avec nos amis les embryons. Ce qu’il y a d’intéressant avec ce genre de concept, c’est que tout le monde a un avis dessus et que peu sont aptes à pouvoir se positionner éthiquement à long terme. Car si l’on désire tous un enfant – ou un nous même- parfait ou proche de l’être, notre bon sens moral nous fait nous rendre compte des possibles dérives communautaires de ce genre de considérations. L’idée de mixité sociale ou celle d’efficacité allant à l’encontre de l’évidence de l’échec, du mur, de l’expérimentation personnelle. Même –surtout- l’esthétique se targue de ne pas être découvert, d’échapper toujours et encore aux questions sur le beau ou sur l’intérêt, et l’on cherche à rendre compte du « parfait » en ce qui concerne l’avenir et la prédisposition, à déterminer si tel ou tel facteur pourrait être suffisamment géré pour assurer une quelconque certitude. Intéressante et terrifiante perspective que celle visant à canaliser le possible, la notion d’être « en puissance » disparaîtrait illico. La force de l’auteur est de balayer d’un revers scientiste toutes ces considérations au profit du profit justement, de l’esprit fun du « si je peux le faire pourquoi ne pas le faire ? ». Une forme d’imprimante 3D éthique, du tout prémâché, de l’effet en veux-tu en voilà.  En mettant en avant l’aspect économique d’un tel progrès, la nouvelle s’ancre dans un réalisme à la Bourdieu, une manière de dire – comme dans bienvenue à Gattaca en somme, ou pas loin- que l’eugénisme c’est le pied surtout si tu es riche. Parce que bien évidemment au milieu du bidonville du coin il va être difficile de se payer un tel traitement. De quoi rire sous cape, d’autant que la finalité du propos aborde avec une touche de bon sens (de génie ?) les rivages d’une spiritualité vraie, détachée de la bioéthique, détachée… c’est le mot.

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