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axiomatique

 

Lumière des événements : ce récit propose de nous interroger sur une version inversée et fonctionnelle du « paradoxe du grand père », à savoir est-ce que la précognition érigée en donnée quotidienne et accessible pourrait, ou non, changer le devenir de l’humanité ? Si la structure narrative ne propose rien de neuf à se mettre sous la dent, il faut bien admettre que le traitement scientifique et déshumanisé de l’ensemble fait froid dans le dos. L’explication rationnelle du « comment voir le futur ? » semble plausible et repose sur le décalage qu’il y a entre un membre éminent du jury d’un doctorat sur la physique quantique et une personne lambda venue soutenir un membre de sa famille soutenant le dit doctorat.

C’est plausible pour le peu qu’on y comprend quelque chose et pour la majeure partie de ce que l’on ne comprend pas. Ce qu’il y a d’intéressant dans ce parti pris c’est qu’il nous éclaire sur notre façon de fonctionner avec la technologie qui nous entoure. Chacune d’entre nous use –et abuse- de cette technologie, de ces inventions, chacun en fait sa normalité et sa dépendance, croyant en saisir le sens et l’essence. Nous sommes aptes à interroger nos valeurs morales profondes, à cerner le bien et le mal en toutes choses à nous ériger en juge sans jamais interroger réellement le fondement profond des outils que nous avons entre les mains, et encore moins leur mécanisme. Ainsi la remise en question de la précognition comme média principal du bonheur, renvoie le narrateur à une foule de questionnements complexes, le lecteur se trouve peu à peu pris dans le même tourbillon, nous voilà à nous demander ce qu’est le libre arbitre ou la différence entre le destin, la fatalité et la pleine conscience ? Avant d’être emportés, balayés par notre incapacité à « tirer des leçons de l’avenir » à ne pas savoir quoi faire, tout en gesticulant notre volonté de vouloir faire.  Si la fin de la nouvelle ne surprend en rien narrativement parlant, elle apporte un angle de lecture intéressant. Elle démontre avec un cynisme consommé en quoi notre vision de la politique « c’est du bidon » (pour reprendre le poète) et qu’un outil si innovant soit-il est toujours (et surtout) le profit de quelques uns. Une superbe nouvelle

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