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Nous voici donc, encore une fois, du côté de l’amérique et de ses « policiers durs de dur, plus dur que l’acier, au coeur en feuille de papier à cigarette, à la gâchette facile et au sens éthique irréprochable [ce qui l’entrainera dans les pires ennuis forcément] »…
entre Raymond Chandler (le grand sommeil) ou LA confidential d’ellroy en passant par michael connely….
le genre fait plus qu’en regorger… ça déborde.
on a beau l’apprécier (enfin, j’veux dire si vous détestez ça, je ne pense pas que lire ce livre soit capital pour vous Smile )

une fois qu’on a lu plusieurs classiques, qu’un mec comme jean patrick Manchette (coucou Karpoff) vous est tombé dessus (il n’est certes pas américain mais ça n’empêche pas, il fait dans le même genre), difficile de rester la fille facile qui n’attends rien d’autres que les prochaines fois après sa première fois.
– le hard boiled (polar) ténébreux qui explorer les entrailles peu ragoûtantes du monde urbain
– le parti pris comportementaliste la plupart du temps (ça veut dire, pas ou peu de psychologie des personnages qui se définissent et se dessinent en fonction de leurs réactions et de leurs action)
– de la violence, de la corruption, des armes à feu, de la politique

après les auteurs sont du genre à plus ou moins se documenter, plus ou moins être réaliste etc etc
un peu comme partout, si ce n’est que la documentation et le réalisme sont souvent les points clef du genre… un foutu bon perso au milieu d’un monde trop peu crédible va tomber à l’eau, et vice versa

la série mettant en scène David robicheaux remporte suffisamment de succès pour être appréciée des amateurs.

en ayant déjà lu un tome (le deuxième de la série) j’ai décidé de lire le premier… in mother tongue of wheeliam chat qui expire…

ce bon vieux James Lee Burke
nous ressort une bonne grosse rasade des poncifs du genre…
le flic bourru, revenu de tout, incorruptible qui mettra tout en jeux pour « finir son enquête », le meilleur flic de la ville, des pourries partout…
rajoutant de l’originalité (de mise, il suffit de voir le personnage bosch chez connely) c’est un alcoolique qui va aux AA mais qui craque, il a besoin d’une femme aimante, il n’hésite pas à être violent, le vietnam est un traumatisme…
de quoi forger un personnage d’une seule pièce, le genre auquel on adhère directement ou sur lequel on glisse tel la rosée du matin sur le brin d’herbe silencieux.
il faut admettre que david m’a plus convaincu sur le deuxième tome que sur ce premier… alors qu’objectivement le contraire est plus vrai Smile
je m’explique :
la structure évolutive du personnage (son parcours au sein de l’enquête) est la même… ou presque. Forcément j’ai eu une grosse impression de déjà vu… donc le premier m’a plus marqué… alors que dans le sens chronologique de la série, c’est le deuxième qui « copie » le premier
reste qu’il est attachant, parce que vraiment tout à fait cassé, déstructurer et paumé (en ce sens il y a une scène intéressante, car à la fin son chef lui rappelle un conseil qu’il lui avait fournis plusieurs jours auparavant, qui prends désormais tout son sens… ainsi notre héros n’est pas tout puissant loin de là).

chose amusante, à la lecture du deuxième tome l’intrigue m’avait paru déjà vue et téléphonée (voire bancale) là… c’est la même chose, c’est linéaire et un enchaînement de scènes obligées… toutefois comme je ne lis pas l’anglais non plus très très aisément, cet aspect m’a, de fait, beaucoup plu (et aidé ^^).
cela reste tout de même assez « pataud »…

en fin de compte, à mon goût, cela serait le type de lecture que l’on se plait à dévorer après un truc indigeste ou trop lourd à digérer…
car, c’est bien écrit (sisi, maîtrisé, dynamique, rapide…)
et surtout, surtout…
la nature !
dès ce premier tome elle est au rendez-vous.
franchement il fallait oser… une tuerie au fusil à pompe… et pouf on vous parle de l’ombre suave et bienfaisante des bananiers… après une scène d’amour on peut trouver cela logique et normale, mais là, l’omniprésence de la nature… est… naturelle ! Cela fonctionne du tonnerre, au final la force de ces romans tiens dans l’atmosphère d’une louisiane à la fois poisseuse, lourde de la vase collante des actes humains mais aussi légère vaporeuse ennivrante… un procédé « miroir » qui reflète l’intérieur du héros, que l’on connait déjà, mais que l’auteur sait gérer et utiliser à la perfection (d’autant que la force brute de David tranche avec la nature luxuriante du lieu).

une lecture bienvenue…
sur fond de (entre autre… il y eu aussi d’autres pépites musicales)

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