Mots-clefs

, ,

encore un et après j’arrête…
à chaque fois, trois fois, que je terminais un livre de la collection « totem » chez gallemeister je me suis fait ce mini mantra
il faut dire aussi que j’ai beau apprécié balzac, dostoievski, banks, as… bref des tas d’autres dans plein de genre, cette collection propose une véritable bouffée d’oxygène… aucun des livres lus jusqu’ici ne fut mauvais ou mal écrit ou même « passable », que du bon à ce mettre sous la dent.

je ne suis pas un grand fan des « récits vécus », j’veux dire… « moi christiane F » m’a marqué tout minot… notamment parce que j’avais hâte de voir le film avec des vrais bouts de bowie dedans… mais ensuite, au fil des ans je me suis aperçu que ce « genre » était souvent le « mâle dominant » dans les goûts des nombreuses collègues dans mes différents tafs, à force de voir des enfants enlevées, des filles violées par leur père et ce genre de sujet sordide, souvent rédigés par des nègres littéraire, j’avais une forme de nausée.
bien évidemment les récits d’un Nigel Barley (dont je conseille vivement : un anthropologue en déroute) me mettaient du baume au coeur, mais c’était de manière éparse.

j’ai donc abordé ce récit avec des pincettes, j’avais peur d’un trip « existentialo-méditatif » sur la beauté du monde sauvage, un de ces hymnes bourrés de bons sentiments qui à force de vouloir vous convaincre que le monde n’est que merveilleux finit par devenir une pure oeuvre de fiction.
mal m’en pris… enfin non, bien m’en pris… la surprise ne fut que plsu totale.

au moment des faits, l’auteur est un jeune étudiant paumé, fasciné par les trappeurs, il accepte sur un coup de tête de passer l’hiver dans une tente loin de tout, dans la neige, à surveiller des oeufs de saumons Smile
et si la situation est cocasse (iconoclaste pour faire plaisir à Vincent Smile ) l’auteur ne prend pas le partis d’en rire… tout le long du récit, il ne va jamais chercher à émouvoir gratuitement son lecteur par des saillies cynique sur l’incongruité de sa situation, ou à nous prendre la main pour nous mener jusqu’à la « beauté cachée du monde » (ce que l’on peut reprocher un peu à nicolas bouvier, donc j’ai toujours l’impression qu’il cherchait à me faire culpabiliser de le lire plutôt que d’aller courir le monde en tong)
c’est un récit précis, riche, réaliste mettant en avant et le quotidien d’un mec qui essai de survivre (c’est à dire ne pas s’ennuyer) et les moments les plus marquants de son séjour.

alors ça a beau être de la « survie à l’américaine » (comprendre : il a les moyens de sa survie et pas juste un couteau ébréché), avec à l abase des envies de trappeurs (conserver la peau d’animaux, poser des pièges, chasser…) on se prend vite « au jeu »…. on imagine combien il a dû s’ennuyer et combien il a appris à se débrouiller et à se dépouiller de sa naïveté.
un récit initiatique, un de plus, certes, mais qui ne s’affiche pas comme un modèle, plutôt comme une constatation…
la « gestion » et le vécu des rencontres humaines sont en cela révélateur, on perçoit très bien comment il s’habitue au silence et à la solitude et comment cela finit par devenir son cadre de vie…

récit court (220 pages en comptant la postface) maîtrisé (pas de temps morts), puissant…
cet indian creek parle de ces peaux dont on se défait sans même nous en rendre compte au cours de notre vie, pas de quoi devenir trappeur demain, mais un récit d’apprentissage qui n’a rien de niais et qui se dévore avec avidité.
on notera également que le rapport avec la nature s’effectue par symbiose, ainsi le propos sur la simplicité et l’écologie, n’existe qu’en creux du récit…c’est habile et reposant (tout en étant juste)

Publicités