Mots-clefs

, ,

c’est chiant….
quand un livre ne vous plait pas les adjectifs et les jugements foisonnent, c’est aussi rapide qu’une morsure de crotale pour en parler
quand un livre vous plait on a l’impression de faire dans le convenu, dans le gnagnan (lisez ce livre il est bien, c’est émouvant)… ou alors on en fait trop…ou alors on lui consacre du temps… beaucoup et là on finit par en faire beaucoup trop dans l’analyse… c’est toujours bon, mais rarement transmissible comme sentiments… ça revient à peler un fruit pour un enfant en bas âge.
vous me direz qu’il en va de même pour la musique

sauf que j’ai depuis longtemps perdu l’espoir de trouver les bons mots pour la musique.
pour les livres ça me parait toujours (bêtement) faisable.

donc Lonesome dove est un western

l’auteur avait eu l’idée vers 1974 pour en faire un scénario pour le ciné, problème de production, cela n’aboutit pas… il attendit 10 ans pour en faire un livre.
alors déjà c’est un livre… j’veux dire par là que les personnages pourront être adaptés pendant des siècles, ils resteront impénétrables à l’image filmée… impossible de leur donner un corps plus valable que celui de papier.
face à la qualité du récit, il obtient le prix pullitzer.
en france, si je ne m’abuse, il s’agit de la première traduction.
aux usa devant le succès du bouquin cela devient une mini série… puis quelques autres mais certaines non écrites par l’auteur.
pendant ce temps, le romancier a écrit 3 autres bouquins, deux se déroulant avant les événements de son roman de départ et l’un se déroulant 20 après (ou quelque chose comme ça)

c’est un récit épique
j’veux dire par là qu’on ne reste pas dans les rues d’une seule ville, on traverse les usa du texas au montana… ce qui nous fait une sacrée trotte…. en chemin il doit y avoir 12 persos principaux et une trentaine au total (envers à vue de nez hein les chiffres).
en poche cela représente 2 tomes de 600 pages (je ne compte plus les pages depuis longtemps, mais je sais que certains donnent de l’importance à ce genre d’infos).

vous vous imaginez bien qu’il s’en passe des choses, des relations, des promesses, de l’amour…
mais surtout, thème oblige, de l’amitié, de la virile qui n’a plus beaucoup de sens, même auxyeux des amis…

la mise en place dure environ 300 pages Smile
mais c’est pas de la description longue et chiante, c’est le genre de passage qui installe aussi bien les persos, que les enjeux et le climat… mais aussi le lecteur dans le style et les tourments à venir.
l’auteur utilise un peu la technique du « trône de fer » (je précise cela car cette série a eut du succès ça peutfaire un bon point de comparaison) c’est à dire pas mal de chapitres, et on change d’endroits et de personnages lorsqu’on change de chapitre… cela donne à l’ensemble un rythme soutenu, mais aussi la possibilité de créer à la fois une tension constante (on veut connaître la suite d’une action et pouf nous voilà 500km plus loin avec quelqu’un d’autres… il faut maîtriser le procédé, mais il s’en sort parfaitement) tout en dressant un tableau d’ensemble élargit… et puis ça fait se créer des rencontres parfois improbables, parfois bienvenues.

on pourrait croire qu’il va s’agir d’un western épique comme les john wayne d’antan… il n’en ait rien et si je n’ai rien contre « rio bravo » et autres « la prisonnière du désert » (avec natalie wood pour les amateurs)… on est ici moins dans l’imagerie que dans le récit sur la durée, donc la lenteur et la force d’inertie du destin… pas du tout dans les clichés.
on pourrait également se dire qu’il s’agit d’une bande de bouseux… et OUI !!!! par rapport aux westerns spaghettis de sergio leone, c’est encore plus sale, plus dure, plus crade et moins ironique…
vous l’aurait compris la crasse et le réalisme sont plus proches de la série tv « deadwood »… avec une dose de fatalité en plus.

car la grande force de l’auteur est de ne pas être un « passeur de plus » des grands idéaux de l’ouest sauvage et indomptable…
bien évidemment il se repose sur les passages obligés du genre : grands espaces, cow boy, serpent, bandit mexicain, chevaux, indiens, putain, longue distance, sheriff, joueur de piano dans les bordels et saloon crade (où il fait bon avoir un barman rapide ^^)… et j’en passe.
mais c’est un auteur contemporaine, il a lu ses classiques, qu’ils soient américain ou européen… il sait donc jouer avec les attentes du lecteur de manière intemporelle… chose pas évidente quand vous oeuvrez à l’intérieur d’un genre aussi cloisonné et visité que le western.
les personnages principaux portent en eux un passé et un destin, dont ils sont la plupart du temps conscient, donnant encore plus de poids à leur actes, on ne les suit pas bêtement dans une suite d’embûches pour faire palpiter le récit.. on est véritablement avec eux… au creux de leur espoir, de leur désarroi et de leur malheur…

c’est idiot de dire ça, parce que c’est éculé… mais franchement lorsqu’on regrette de terminer un livre, c’est bien que l’on était dans l’histoire avec les personnages.

alors, c’est épique, viril, triste et méchamment addictif…

si vous avez envie d’écouter de la musique country, de parcourir les plaines de l’ouest sans tomber dans les ornières des clichés usuels..
un putain de bon bouquin.

bonne lecture par avance.

Publicités